Toulouse au moyen âge, un lourd passé

En tant qu’étudiante en patrimoine Occitan (et accessoirement pour sauver mon honneur), je me devais de faire un article sur l’histoire toulousaine… Aujourd’hui, j’ai donc voulu retracer l’ère moyenâgeuse de Toulouse ! Entre prospérité et larmes, entre amour et guerre, voici le valeureux récit de notre inébranlable ville rose…

De 400 à l’an 1000

Carte du royaume des Wisigoths
Source photo : wikipedia

Après la chute de Rome, les Wisigoths ont envahi Toulouse en 418, faisant de la ville rose la capitale d’un vaste royaume, qui s’étend de part et d’autres des Pyrénées, et de la Loire jusqu’au Gibraltar. Le « royaume de Toulouse » restera la capitale wisigothique jusqu’à la conquête franque en 508. Forcés de se replier vers l’Espagne, après la bataille de Vouillé, les Wisigoths laissent derrière eux la vieille Toulouse, qui sera pillée et incendiée par les troupes de Clovis en 508. Pendant 500 ans, la ville reste sous la domination des Francs, qui transforment Tolosa en une cité militaire.

En 778, Charlemagne décide de créer le Royaume d’Aquitaine. Il confie ce territoire au comté de Toulouse et à Guillaume, son cousin. Ils deviennent alors les deux premiers comtes de Toulouse. Quel fabuleux prestige !

De l’an 1000 au XVème siècle

Construction de Saint-Cyprien à Toulouse
Source photo : antiquaprintgallery.com

Au XIIème siècle, grâce à une agriculture performante, Toulouse connaît une forte croissance démographique, et devient l’une des plus grandes villes d’Europe. C’est à cette occasion que les faubourgs de Saint-Cyprien et Saint-Michel ont été construits. Le pont de la Daurade et le pont Saint-Pierre permettent, en 1181, de relier Saint-Cyprien à l’hyper-centre-ville. Saint-Sernin et Saint-Pierre connaissent, d’ailleurs, une hausse démographique significative. A cette époque, plusieurs artisans installent leur stand dans les rues et les ruelles de l’antique Toulouse, soit entre la rue Saint-Rome et la rue du Pharaon. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, ces rues portent le nom des métiers de ces artisans : rue des changes, rue des filatiers, rue des couteliers ou encore rue des truands (je plaisante hein).

Dès 1189, sous l’impulsion du comte Raymond V, Toulouse prend la forme d’une institution capitulaire. La ville passe donc sous le contrôle de douze consuls élus, qui prennent le titre de capitouls au début de 14ème siècle. Ils sont chargés de réglementer les échanges et de faire appliquer les lois (AU NOM DE LA LOI !!). Chacun représente un quartier ou un faubourg. Au fil du temps, les capitouls s’octroient les droits de police, de commerces et d’imposition, ce qui n’est pas au goût de tous (et oui…). Néanmoins, cela conféra à la ville une indépendance totale pendant près de 600 ans. De nos jours, les joueurs du Stade Toulousain portent avec fière allure des maillots aux couleurs rouge et noir, tout comme l’ancienne tenue des capitouls. Voilà une belle anecdote pour briller en société !

Origines du maillot du Stade Toulousain
Source photo : saint pons de thomieres et serigrafball

Cette période médiévale est caractérisée par une grande ferveur religieuse. De nombreuses églises se construisent, les pèlerinages se multiplient ainsi que différents cultes. Néanmoins, c’est en 1209, après l’assassinat du pape par un écuyer du comte de Toulouse, qu’Innocent III lance la croisade contre le Languedoc cathare et contre le comte Raimond VI, soupçonné d’avoir commandité cet acte. Simon de Montfort, chef de la croisade contre nos voisins les Albigeois, multiplie les assauts violents contre Toulouse. La ville résistera et ne sera jamais prise lors d’un siège, trop fort !

Le catharisme en Occitanie
Source photo : c’est quoi .fr

Peu après 1271, les capitouls commencent à disparaître face à la puissance royale. S’en suit une série d’évènements dramatiques, comme un peu partout en Europe : famine, guerres, incendies, peste, etc … Ces ravages seront le quotidien de milliers de personnes pendant près d’un siècle. En 1281, le Pont-Vieux s’effondre sous le poids des habitants, en 1298 des grandes crues de printemps détruisent tous les ponts sur la Garonne (sauf celui de la Daurade). Au XIVème siècle, Toulouse est toujours en crise et ne parvient pas à nourrir sa population. La ville est obligée d’importer du blé d’Italie ou du royaume d’Aragon. La peste fait rage et la population est contrainte de se réfugier dans les campagnes. La guerre de Cent Ans n’améliore pas la qualité de vie de la population… Au XVème siècle, les routes ne sont plus sûres. Toulouse subit un terrible incendie qui détruit les ¾ de la cité… Soyons réaliste, je n’aurai pas pu tenir plus de 10 jours en vie à cette époque…

Toulouse à la renaissance

La culture du Pastel à Toulouse
Source photo : ahpy.eu

Après cette époque, pour le moins tumultueuse, Toulouse arrive à sa renaissance. L’époque de la croisade et du catharisme a donné un nouveau souffle à la production littéraire occitane et notamment à celle des troubadours toulousains. L’université, quant-à-elle, contribue à donner du dynamisme à la ville. Toujours en activité, celle-ci confère à Toulouse les mêmes bénéfices qu’à ses débuts. En 1476, la ville accueille sa première imprimerie. C’est ainsi que la diffusion de la connaissance débute ! Dès la fin du 15ème siècle, Toulouse connaît une importante prospérité grâce à la culture du pastel. Qualifié de siècle d’or, la culture de cette plante enrichie les marchands et négociants toulousains. Grâce à leurs bénéfices, ces personnes se construisent de somptueux hôtels à l’architecture toulousaine que l’on peut encore contempler de nos jours… AHHH enfin un peu de repos pour les Toulousains !

Des hauts, des bas, vous l’avez compris, il y aura eu un peu du tout durant cette époque moyenâgeuse. Peut-être que certains de nos ancêtres ont eu le privilège de croiser le très célèbre Godefroy de Montmirail et son acolyte Jacqouilles durant cette période. Qui sait ?

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